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Des traces de vie sur Mars ? La météorite tombée au Maroc relance les doutes

  • Écrit par Jean-Paul Fritz / www.tempsreel.nouvelobs.com

Une équipe internationale vient de publier les résultats de l'analyse d'une météorite martienne tombée en 2011 dans le désert marocain. Elle contiendrait des "traces d'activité biologique".

La question de savoir s'il y a eu ou non de la vie sur Mars (et accessoirement s'il y en aurait toujours) n'est pas neuve, mais les éléments matériels allant dans le sens d'une réponse positive ne sont pas légion. Pour l'instant, aucune évidence absolue n'a pu être trouvée, que ce soit directement sur la planète rouge ou dans l'un des fragments qui en proviennent et que l'on a pu retrouver sur Terre.

Sur Mars elle-même, les différentes sondes et robots explorateurs n'ont pas pu nous apporter de preuves qu'il y eut un jour des organismes vivants, bien que la preuve du contraire soit elle aussi bien absente. On sait qu'il y a eu de l'eau liquide, et en certains endroits, comme l'a montré le robot Curiosity, un cocktail chimique d'ingrédients utiles à la vie (soufre, hydrogène, oxygène, phosphore, carbone...) Curiosity a même trouvé des molécules organiques chlorées simples, mais de vie proprement dite, ou de traces irréfutables de celle-ci, encore rien.

On a eu aussi des exemples de météorites martiennes dont on a pu penser qu'elles contenaient des traces de vie. C'est par exemple le cas de deux météorites trouvées en Antarctique : la météorite de Yamato, et la météorite ALH 84001. Pour cette dernière, une étude de 1996 mettait en avant des structures qui, selon les scientifiques qui l'ont étudiée, auraient été formées par des organismes vivants. Les résultats ont cependant été contestés, même si les auteurs de l'article originel ont publié une seconde étude en 2009 pour réaffirmer leur point de vue.

L'étude publiée aujourd'hui dans la revue "Meteoritics & Planetary Science" par une équipe internationale (Suisse, Allemagne, Chine et Japon) va peut-être changer la donne. La météorite que ces scientifiques ont étudiée est toute récente : elle est tombée dans le désert marocain le 18 juillet 2011, devant témoins. Certains fragments de cet objet, baptisé Météorite de Tissint du nom de la localité la plus proche, ont pu être récupérés par des Bédouins, et étudiés ensuite par des spécialistes.

Une possible activité biologique

Cette météorite est bien martienne : elle a été éjectée sous l'impact d'un astéroïde, et sa trajectoire l'a ensuite amenée près de notre planète avant qu'elle ne soit attirée par elle, jusqu'à s'y écraser. Les scientifiques qui l'ont étudiée ont trouvé des cavités remplies de matières carbonée. Après avoir analysé les traces de carbone présentes à l'intérieur, ils estiment que, "les résultats plaident pour une origine biologique de ces inclusions", qui "feraient suite à l'infiltration d'un liquide riche en matière organique dans les fissures de la roche lorsque celle-ci était encore sur la planète rouge".

L'origine de ce carbone est cependant encore sujette à discussion. Les scientifiques ont exclu l'origine terrestre en démontrant que ces inclusions avaient été piégées dans la météorite avant qu'elle ne soit éjectée de Mars. Mais alors que certains chercheurs ont expliqué que les composés organiques pouvaient provenir de la cristallisation à très haute température d'un magma, les auteurs de l'étude, eux, sont convaincus que cette matière "a été déposée à basse température dans ces fissures près de la surface de Mars, par infiltration d'un liquide riche en composés organiques. Un phénomène qui s'est produit dans les couches superficielles de la planète rouge".

La mésaventure des météorites de l'Antarctique (ALH 84001 et Yamato) explique sans doute la nécessité de grande prudence pour ce qui touche aux preuves indirectes de vie martienne dans les météorites découvertes sur le sol terrestre.

L'équipe n'affirme donc pas tout de go qu'il y a eu de la vie sur Mars, mais amène un faisceau de présomptions allant dans cette direction, en appelant à la communauté scientifique pour qu'elle fournisse éventuellement d'autres explications, s'il y en a. Mais en lisant entre les lignes, on peut cependant sentir où va la conviction des auteurs.

"Il est délicat d’asséner des certitudes, surtout dans un domaine aussi sensible," explique Philippe Gillet, directeur du Laboratoire des sciences de la Terre et des planètes de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (Suisse) et co-auteur de l'article.

Je suis ouvert à ce que d’autres études viennent nous contredire. Mais nos conclusions sont toutefois de nature à relancer activement le débat consacré à l’existence possible d’une activité biologique sur Mars, du moins dans le passé."

 

Lu sur www.tempsreel.nouvelobs.com

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