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"Fab lab", bidouille et partage… bienvenue dans le monde des makers

Vu sur : tempsreel.nouvelobs.com - Par : Nicole Penicaut

Leur devise : "Do it Yourself!". Bricoleurs passionnés, informaticiens créatifs, geeks ou créateurs, ils sont de plus en plus nombreux à partager leur savoir-faire et révolutionnent la manière de produire.

"Des bidouilleurs !" C'est ainsi que Bastien Dupuy et Ludovic Delhomme se définissent. Autodidactes, ils ont commencé par bricoler une imprimante 3D dont les plans étaient en accès libre sur le Net. "On l'a améliorée, et maintenant on en fabrique six par semaine", expliquent-ils en montrant la carapace métallique de ce drôle d'engin capable de reproduire n'importe quel objet en trois dimensions...

"Do it yourself !" c'est leur devise ! Bastien et Ludo sont les archétypes des makers, ces nouveaux fabricants passionnés qui veulent tout réaliser eux-mêmes, des coques de téléphone mobile aux robots de leurs rêves... Ces artisans de l'ère numérique - tous connectés à internet - forment une vaste communauté, qui bouillonne de créativité.

Leur grand-messe : les Open Bidouille camp

Ils ont leurs grand-messes : les Open Bidouille Camp (des jamborees de geeks), ou les Maker Faire, foires de l'innovation lancées il y a sept ans par l'Américain Dale Dougherty. En juin dernier, la première édition parisienne a réuni 7 500 visiteurs.

Les makers ont aussi leur revue - "Make :", lancée par le fondateur des Maker Faire -, leurs dix commandements - une charte de l'entraide et du partage écrite par Neil Gershenfeld, professeur au prestigieux Massachusetts Institute of Technology de Boston (MIT) - et leurs gourous, notamment Chris Anderson, l'une des figures les plus influentes du Net, auteur de "Makers. La nouvelle révolution industrielle".

Pour cet ancien rédacteur en chef du magazine "Wired", les makers vont tout révolutionner : de la nature des produits (tous personnalisés) à la manière de produire (en petite série, localement et à la demande) en passant par la consommation (sans gaspillage et en prolongeant la durée de vie des objets). Parti de Californie, le mouvement explose en France. Voyage dans la galaxie des makers ...

Derrière le "maker" le fab lab

Pour trouver le maker, cherchez d'abord le fab lab (ou lab fab pour "laboratoire de fabrication" en VF) ! Ces ateliers new-look où sont installées imprimantes 3D, machines de découpe laser, fraiseuses... poussent partout en France. Il s'en ouvre tous les mois, à l'initiative des universités, des grandes écoles, des villes et même des grandes entreprises.

Moyennant une petite cotisation ou une participation modeste en fonction du temps d'utilisation des machines, tout le monde peut y travailler. Les geeks y conçoivent leurs robots. Les bricoleurs du dimanche y réparent une pièce de leur tondeuse, les étudiants architectes y peaufinent leurs maquettes, les designers y usinent leurs prototypes de lampe, les créateurs de bijoux y impriment leurs moules en 3D... Tout ce petit monde s'active, dans le plus parfait esprit communautaire.

"Tellement de gens m'ont aidé que je me sentirais comme un voleur si je ne renvoyais pas l'ascenseur !" résume Jean-Michel Rogero, 39 ans.

Cet ingénieur dans l'aéronautique est un fidèle d'Artilect, le plus ancien des fab labs français, créé à Toulouse dès 2009. Il compte aujourd'hui 700 adhérents qui versent 30 euros de cotisation annuelle, les uns pointus en électronique, les autres férus de mécanique. Chacun apporte son savoir-faire.

Esprit collectif et partage de savoirs

A force de fabriquer des trains en modèle réduit de la Première Guerre mondiale, Christian est devenu un pro de l'imprimante 3D. Il aide tous ceux qui peinent à s'en servir. Un gars lance l'idée d'installer une voile de kitesurf sur un bateau. "Chiche !" répond un autre du fond de l'atelier.

Au lab fab de Rennes, une initiative municipale, l'esprit est tout aussi collectif. Un étudiant des Beaux-Arts de Brest, He Gong, qui rentre à vélo le soir, regrette que les automobilistes le voient mal... Aurélien Janvier, étudiant en première année de Telecom Bretagne, lui propose de concevoir un clignotant pour son vélo.

Les deux inventeurs, comme le font la plupart des makers, ont mis tous les détails de fabrication de leur prototype en ligne. Partout dans le monde d'autres makers peuvent donc s'en saisir, reproduire le dispositif et l'améliorer. C'est l'un des aspects les plus intéressants de ce mouvement. "Beaucoup d'objets sont disponibles, ouverts, perfectibles et personnalisables à l'infini", souligne Véronique Routin, directrice de développement de la Fondation Internet Nouvelle génération (Fing).

Réparer plutôt que remplacer

Le maker lutte ouvertement contre le produit standardisé, "fermé" de la production de masse. Il rejette ces objets programmés pour l'obsolescence. Tout doit se réparer plutôt que se remplacer. C'est un réel plaisir de faire avancer les choses et d'en faire bénéficier la communauté", dit Nicolas Lassabe, le fondateur d'Artilect.

Ce chercheur en aéronautique, maker passionné, invente un robot sur lequel on pourra emboîter, comme sur un Lego, des objets intelligents. Il mettra bien sûr les plans sur internet en open source ("accès libre"), sur un site spécialisé comme Thingiverse. "Nous voulons montrer qu'il y a une autre façon de fabriquer des technologies de rupture", explique-t-il.

Fini, les brevets et les royalties, place à l'économie collaborative. De ce formidable tourbillon créatif naissent de nouvelles entreprises. "Ce n'est pas notre but premier, mais cela semble évident, note Jean-Michel Rogero. Quand on va au "fab lab", les opportunités sont multipliées par trois ou quatre."

Lu sur www.tempsreel.nouvelobs.com

 

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