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Sur la vague du nouveau Maroc

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Sur notre région Sud-Est, il n'y a aucune concertation entre les 4 CPT

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Par : Yassine SABER

Les ÉCO : Un collectif de professionnels de Ouarzazate vient de signer une pétition pour leur représentativité au sein du CPT. En tant que professionnel, quelles sont vos principales doléances ?

Jean-Pierre Datcharry : Cette lettre collective a en effet été écrite car notre région Sud-Est traverse une crise importante dans le secteur du tourisme. Or, nous sommes convaincus que cette crise n’est pas inéluctable car le problème principal est celui de la gouvernance du tourisme à Ouarzazate, qui n'est pas décidée par le CPT de manière concertée et participative et elle n'est pas mise en œuvre de manière suffisamment professionnelle. Cela provoque un gaspillage des moyens financiers et génère des résultats inadaptés à la réalité actuelle du tourisme qui a beaucoup évolué ces dernières années.

Vous affirmez que les principaux efforts de promotion sont faits en direction des agences et autres TO, alors que la majorité des visiteurs se déplacent dans le cadre d’une démarche individuelle. Comment redresser cette défaillance ?

Les comportements des voyageurs ont effectivement changé et c’est une tendance mondiale du tourisme. Aujourd'hui, près de 66% des touristes réservent eux mêmes leur avion et composent seuls leur séjour. Le tourisme dit de masse, qui nécessite des hôtels de grande capacité, est certes valable dans les sites balnéaires ou les grandes villes à forte densité culturelle et évènementielle, mais ce n'est pas la spécificité de notre région Sud-Est qui, et c'est sans aucun doute un atout formidable, attire ses visiteurs au regard de ses richesses naturelles et traditionnelles. Ici, nous proposons un tourisme écologique, sportif, un tourisme de découverte culturelle. Dans notre région Sud-Est, nous devons également faire vivre un tourisme rural avec des hébergements ruraux aux normes européennes pour accueillir ces visiteurs individuels de plus en plus nombreux. Nous faisons découvrir le terroir de la région, son patrimoine et finalement, c'est ce que recherchent le plus les visiteurs étrangers et même marocains. C'est donc la marque de notre région, sa valeur ajoutée par rapport aux autres régions du Maroc. Une prise de conscience doit donc se produire pour s'adapter à ces changements, tel est le sens de cette lettre ouverte. C'est loin d'être facile mais nous n'avons plus le choix. La demande du touriste a changé, le marketing touristique doit donc changer avec. Actuellement, les opérations marketing du Conseil provincial du tourisme ne suivent pas cette tendance. Il est essentiellement question d'opérations de com' auprès des salons touristiques à l’étranger ou via des «road show», qui ne concernent que les tours opérateurs, c’est à dire 30 à 40% de la clientèle.

Quelles sont les solutions à mettre en œuvre pour sortir la destination de cette impasse ?

En priorité, il faut lancer une communication Web pour promouvoir la région et capter les niches touristiques. Communiquer, cela veut dire se faire entendre, mais cela signifie aussi écouter. Or, à ce jour, personne ne sait ce que pense le touriste des prestations proposées sur notre région. Internet est l'outil idéal pour dialoguer avec le visiteur et faire évoluer nos pratiques en fonction du feedback. Il convient aussi de désenclaver d’urgence la région à travers la mise en place de vols «low cost» depuis différentes villes en Europe jusqu'à Ouarzazate, Errachidia, Zagora. Il faut ensuite en priorité renforcer l’accès routier depuis Marrakech en aménageant une 3e voie alternée, notamment sur le tronçon du col de Tichka. S’agissant de la question de l’accueil, le touriste attend en effet autre chose que d'être reçu à l'aéroport avec de la musique Ahwach. C'est pour cela que nous avons entre autres soumis l'idée d'ouvrir à Ouarzazate un véritable Office du tourisme, d'installer des toilettes publiques, de créer des signalétiques efficaces... Si le taux de retour est si faible, à moins de 10%, c'est bien là le signe d'un vrai malaise puisque 90% de nos visiteurs n'ont plus l'envie de revenir... Ce chiffre est catastrophique et montre bien que nous sommes devant l'obligation de trouver de nouvelles approches pour fidéliser et satisfaire nos hôtes. Il s'agit donc en priorité de se concentrer sur le «visiteur» présent, car c’est lui notre meilleur ambassadeur. Ce n'est donc pas dans les salons professionnels où se gagnera notre défi, c'est dans la destination. Pour la question de l’hygiène, qui demeure aussi un frein pour nos visiteurs, l’État a mis en place de nouvelles normes d’hygiène et nous devons les respecter en accompagnant cette nouvelle démarche. J'ai la conviction que le tourisme, tel que nous l'avons exprimé dans notre lettre ouverte, est un véritable projet de société pour la région de Ouarzazate.

Quid de la profession ?

Je pense qu’il est nécessaire d'éradiquer la gabegie et de combler les lacunes dans la profession. Il faut donc faire respecter les réglementations pour que personne ne puisse s'improviser professionnel du tourisme. Il est nécessaire d'adapter la réglementation à l’époque d’aujourd’hui pour faciliter la vente sur Internet. Cette rigueur et cette adaptation seront bénéfiques pour tous. N’oublions pas que nous sommes en crise et pour en sortir, tous les opérateurs doivent pouvoir vendre leurs produits et se développer. Il faut également favoriser les synergies de réseau car notre territoire n'a plus de frontières provinciales, ce qui rend l'action de chaque Conseil provincial du tourisme quasi inefficace. Sur notre région Sud-Est, il n'y a aucune concertation entre les 4 CPT. La récente initiative du RDTR (Réseau de développement du tourisme rural) qui couvre le territoire du Sud-Atlas va dans ce sens et permettra aux structures d'hébergement rural qui en sont membres de se professionnaliser, de mutualiser leur marketing et d'évoluer ensemble vers une meilleure prestation.

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