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Sur la vague du nouveau Maroc

tribune libre

Réinventer le feu

  • Écrit par Eric de Kermel

Le 21 juillet 2015 s'est déroulé à Paris le Sommet des Consciences qui a réuni plusieurs personnalités morales et religieuses du monde entier pour répondre à la question « The climate, why do I care ? » et lancer ensemble un "appel des consciences pour le climat". Cette rencontre se veut une étape préparatoire à la prochaine conférence des Nations Unies, COP 21, qui se tiendra à Paris le 21 décembre prochain et pendant laquelle d'importantes décisions doivent être prises pour agir contre la détérioration du climat. Eric de Kermel est directeur général à Bayard Nature et Territoires et à ce titre, il est l'un des organisateurs du Sommet des Consciences. Il a accepté l'invitation d'almaouja.com pour exprimer le sens réel qu'il accorde à cette initiative et qui concerne tous les citoyens du monde.

Qu'est-ce qui distingue de façon la plus éminente l'homme parmi toutes les autres espèces si ce n'est sa capacité de conscience !

La conscience c'est cette part de nous-même où se trouve le meilleur. C'est ce lieu d'un dialogue intérieur en vérité. Un lieu profondément silencieux mais qui est à l'origine de tous nos actes d'amour comme de révolte. De nos OUI, comme de nos NON.

"En notre âme et conscience" dit la formule qui témoigne le plus fortement de notre intégrité.

La conscience n'est pas une friche mais un jardin cultivé.

Comme dans tout jardin, il existe des grands arbres avec des racines profondes irriguées par nos origines, notre culture, nos traditions, notre spiritualité.

Il existe aussi des fleurs nouvelles apparues au fil des saisons et des chemins que nous avons empruntés à la rencontre d'autres hommes et de femmes que nous avons croisés réellement où qui nous ont touchés de leurs mots ou leurs images.

Le jardin de notre conscience porte aussi les traces des tempêtes de nos vies comme des moments joyeux animés des rires d'enfants, des chants d'oiseaux de l'aube ou des nuits passées sous la protection de la voute céleste.

Notre modèle de société, notre civilisation, est malade de manque de sens

En participant activement au Sommet des consciences organisé à l'invitation de Nicolas Hulot à Paris, le groupe Bayard a voulu témoigner de sa conviction que c'est dans cette intimité de chacun que nous pouvions fonder la plus forte espérance pour les temps à venir.

Nous avons voulu dépasser les débats scientifiques et arithmétiques, par ailleurs nécessaires, pour interroger la question du sens.

Car le thermomètre du réchauffement climatique n'est que l'un des multiples symptômes qui nous disent que notre modèle de société, notre civilisation, est malade de manque de sens.

Dans l'écologie intégrale que le Pape François appelle de ses vœux il y a bien l'idée que ce n'est pas l'addition de réponses sectorielles à des question sectorielles qui nous indiquera un chemin pour inventer le monde de demain.

L'humanité a aujourd'hui rendez-vous avec son destin et la réussite de ce rendez-vous est conditionné par la capacité de la communauté humaine à composer un paradigme de l'être et non de l'avoir.

C'est le moment de relire Teilhard de Chardin :

"Un jour, quand nous aurons maîtrisé les vents, les vagues, les marées et la pesanteur, nous exploiterons l'énergie de l'amour. Alors, pour une seconde fois dans l'histoire du monde, l'homme aura découvert le feu."

La bienveillance doit être au cœur du projet de civilisation

Lors du Sommet des consciences de Paris, des hommes et des femmes du monde entier, issus de différentes religions, sagesses, spiritualités et courants philosophiques n'ont eu qu'un seul et même message : la bienveillance doit être au cœur du projet de civilisation que nous avons à bâtir. Une bienveillance vis à vis de nous-mêmes, de ceux qui nous entourent, du monde vivant dont nous faisons partie, de ceux qui meurent chaque jour des effets de la mondialisation de l'indifférence qui a accompagné celle d'un modèle de développement matérialiste et consumériste.

Ne réduisons pas le débat à une question de degrés sur un thermomètre.

Ré-interrogeons nos modes de vie et ramenons le monde à une taille qui permet à chacun d'agir. Le monde d'un enfant a la superficie de sa famille et de sa cour d'école, celui d'un adulte est plus grand, chacun dans nos métiers et nos lieux de vie avons un monde à portée de mains et de mots.

La révolte des éleveurs en France, la guerre en Syrie, la mal-bouffe, les maladies neuro-dégénératives, le désespoir de la jeunesse, la dérégulation financière, … Tous ces éléments sont intimement liés à l'absence de vision partagée d'un projet profondément humain et bienveillant.

Interroger notre conscience est la plus court chemin pour réinventer le feu.

 

A voir

 

Pour participer au mouvement de l'appel des consciences www.whydoicare.org

 

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