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Sur la vague du nouveau Maroc

tribune libre

Le Roi Mohammed VI appelle les marocains à une révolution citoyenne

  • Écrit par Eric Anglade

Discours après discours, le Roi Mohammed VI continue de dessiner au grand jour, devant les marocains mais aussi devant le monde, le visage d'un Maroc qu'on aime ici appeler le nouveau Maroc tant il fait résonner le vent vivifiant et réjouissant du renouveau dans toutes les fibres de la réalité marocaine, celles du quotidien où l'inertie semble à jamais présente, celles des lendemains où rien de neuf précisément ne semble possible.

C'est bien un nouveau Maroc que le souverain appelle de ses voeux et pour lequel, lors de son dernier discours du 20 août 2015 à l'occasion du 62ème anniversaire de la Révolution du Roi et du Peuple, il expose très clairement à toutes les marocaines et à tous les marocains leur responsabilité individuelle d'en être les acteurs, les co-constructeurs.

La régionalisation avancée préfigure un nouveau Maroc

Ce Maroc est nouveau car en effet, et depuis la mise en place de la régionalisation avancée, les communes et les régions ont un pouvoir accru et leurs élus portent plus que jamais auparavant la charge de gérer les territoires du Maroc, c'est-à-dire les territoires de vie au jour le jour de tout un chacun. Ce Maroc est nouveau justement car tant de marocains et en premier lieu les jeunes ne se sentent pas co-constructeurs de leur commune ou de leur région dans le sens où le discrédit de la classe politique rend fragile leur foi dans une citoyenneté agissante. Ce Maroc est nouveau car un jour en effet, et peut-être très bientôt, toutes les mauvaises pratiques pointées par le discours royal, dans la gestion des collectivités, dans la manière de faire de la politique tout comme dans la manière de vivre sa citoyenneté, appartiendront réellement au passé.

Or il s'agit bel et bien d'une révolution citoyenne que le Roi Mohammed VI met entre les mains du peuple marocain. Une révolution au sens d'une inversion des valeurs, d'une recomposition de l'échelle des priorités dans le collectif.

Il y a un an, le discours royal posait les règles de ce que doit être l'action politique, à savoir une action au service de la collectivité avec comme vertus cardinales la concertation, la culture du bilan et de la responsabilité. Il y a un mois à peine, le verbe royal rappelait la primauté au Maroc de la tolérance, de la modération et de l'ouverture aux diversités du monde. Aujourd'hui, et à quelques jours des élections communales et régionales cruciales pour l'avenir du Maroc, Mohammed VI fait montre d'une efficace pédagogie puisqu'il décrit sans ambigüité la réalité citoyenne du Maroc. Oui les citoyens se désintéressent trop de la politique car les acteurs politiques en place ne sont pas à la hauteur de leurs missions. Oui bien souvent encore le citoyen ne vote pour un candidat que parce qu'il lui offre promesses et argent. Et oui, si les élus sont absents, incompétents ou affairistes, c'est parce que des citoyens ont voté pour eux, ou revotent pour eux.

Tout peut changer par le vote

Le coeur du message royal est finalement de dire que rien ne change si l'on ne vote pas pour le changement et que tout peut changer par le vote.

Cet appel à la participation citoyenne est plus que la bienvenue car en effet c'est dans ses territoires que le Maroc évolue au quotidien, qu'il grandit, se modernise et devient ce nouveau Maroc dont tous en secret rêvent l'avènement. Or c'est précisément dans les territoires du Maroc que bien souvent les archaïsmes sont les plus tenaces, que les modernités initiées par l'Etat central sont les plus difficiles à faire vivre.

La responsabilité du citoyen et sa volonté de changement butte principalement contre l'offre politique et le Roi Mohammed VI le sait et le dit sans détours puisqu'il commande aux partis de ne pas oeuvrer à un simple partage des places mais bien à s'impliquer avec sérieux dans leur mission dont l'enjeu est l'intérêt collectif et non pas l'intérêt personnel.

Toute révolution a son amplitude, et son rythme, et l'observation du cosmos nous indique les lois supérieures qui nous gouvernent d'où l'importance de la claire vision qui permet de savoir avec certitude où l'on va, d'où l'importance de la persévérance qui permet d'avancer malgré la pesanteur des immobilismes ou des vents contraires, et ils sont nombreux.

Ici à Ouarzazate une nouvelle région se crée en silence et dans l'indifférence

Ici à Ouarzazate, là où une nouvelle région se crée et où justement devraient résonner au grand jour les airs enthousiastes de ce nouveau Maroc que le Roi a voulu pour son peuple et pour le monde, il semblerait qu'il nous faille encore devoir attendre un tour. Les quelques citoyens qui iront voter, car quand on les questionne bien peu s'y engagent, ne savent toujours pas entre quel programme ils vont devoir choisir. Une région va se créer et aucun des candidats à la présidence, ni aucun parti, n'a encore dit quelle région il veut construire. Le tourisme sera la seule économie de cette nouvelle région et aucun projet, aucun débat, aucun mot n'est venu dessiner l'avenir. Aucun média n'est venu s'intéresser à la naissance de cette nouvelle région. Personne n'est venu accompagner ce difficile exercice citoyen vis à vis duquel s'imposait pourtant, plus que nulle part ailleurs, la modernisation des pratiques.

Une ville comme Ouarzazate se cherche une identité, une économie, un vie culturelle ... et aucun des candidats à la présidence de la commune n'a encore dit quelle cité d'avenir il veut construire. Aucun débat, aucun bilan sur ce qui a été fait ou pas fait, aucun projet. Ici, c'est la rengaine d'un Maroc que l'on sait déjà dépassé qui bien tristement encore se fait entendre, comme si Ouarzazate et la région Sud Est étaient une fois de plus contraintes au silence et victimes d'une étrange indifférence ; comme si, comme par le passé, ici ce n'était toujours pas le Maroc utile.

Rien ne peut arrêter le cours du changement

Cet appel à la responsabilité citoyenne du Roi Mohammed VI fait cependant écho à un récent et massif mouvement d'inscription sur les listes électorales ce qui semblerait donner plus que raison aux propos du souverain et même si personne ne se fait d'illusion sur la faisabilité d'un changement radical, l'espoir soudain reprend force et les lendemains d'élection pourraient réserver de belles surprises.

Ce qui est certain, et l'histoire toujours nous le montre : rien ne peut arrêter le cours d'une révolution dès lors où le mouvement qui est engagé, aussi difficile soit-il, aussi transformateur soit-il, a trouvé son soleil.

Et au Maroc, c'est le cas.

 

En savoir plus

- Texte intégral du discours de SM le Roi à l'occasion du 62ème anniversaire de la Révolution du Roi et du Peuple

 

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