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Un pas de plus pour Ouarzazate vers un développement écologique

  • Écrit par La rédaction

Le chantier de la décharge publique de Ouarzazate par A. Azizi

Courant novembre 2013 a commencé l'important chantier qui doit apporter une réponse durable aux problèmes posés par la décharge publique de Ouarzazate. Les images choquantes d'une route touristique parsemée de sacs en plastique vont devenir un mauvais souvenir et la mise en place d'un système moderne de collecte, de tri et de traitement des déchets pour ces territoires urbains en pleine croissance est le signe bienvenu que Ouarzazate est en effet en train de changer. M. Abdelilah Farah, chef de projet au ministère délégué à l'environnement et M. Ali Elhanid du bureau d'études Bet Novec ont accepté de rencontrer la rédaction d'almaouja.com.

Ce chantier financé par l'Etat marocain pour un coût global de 53 millions de Dirhams et placé sous la direction du ministère délégué à l'environnement a démarré en novembre 2013 par la mise en oeuvre des équipes et des imposants véhicules de la société STAM pour mener à bien sur la période des 10 mois à venir les différentes étapes de la réhabilitation des deux décharges existantes aux alentours de Ouarzazate et de la construction d'une toute nouvelle décharge dite contrôlée.

La route de Zagora depuis Ouarzazate, un mauvais souvenir par A. Azizi

A découvrir : La décharge municipale de Ouarzazate, un monde à part

La décharge la plus ancienne, située sur la route de Skoura, était fermée depuis longtemps et s'étale sur une superficie de 10 hectares. L'actuelle décharge, encore en fonction, est connue de tous puisque la route de Zagora au sortir des bourgs de Tarmigte rendait un témoignage désolant de son état, à savoir une vaste zone de 17 ha où s'amoncelaient à l'air libre et sans contrôle aucun, les déchets quotidiens de Ouarzazate grandissante.

Le premier objectif, désormais quasi atteint, aura donc été le rassemblage de tous ces déchets pour leur regroupement en un amas compact réduisant l'occupation du sol à une surface de 2 ha. Aujourd'hui, l'ensemble constitue un tumulus de déchets qui sera ensuite recouvert par une membrane synthétique étanche, l'objectif étant d'empêcher l'infiltration des eaux de pluies et donc la fuite de liquides contaminés, encore appellé lixiviat*, et son impact sur la couche phréatique. Une fois ce revêtement posé sur le dôme, une couche de terre naturelle sera rajoutée pour accueillir de la végétation propre à protéger l'édifice de l'érosion et à camoufler l'ensemble dans son environnement. Le ruissellement de surface des eaux pluviales sera lui récupèré par un réseau environnant pour une évacuation plus lointaine, cette eau étant non polluée.

Construction de la digue de clôture autour du tumulus de déchets par A. Azizi

La masse des déchets ainsi piégés sera assséchée par la pose de drains et ce afin de minimiser là encore la dispersion de lixiviat. Enfin, pour ventiler l'amas de déchets producteur de bio gaz du à la fermentation naturelle des déchets principalement organiques, des puits d'aération seront installés et une partie de ce biogaz servira à la production d'électricité à des fin d'éclairage.

Ce grand tumulus sera cloturé par une haute digue de terre argileuse d'une hauteur de 3 mètres sur une base de 3 mètres.

Les engins de travaux de la société STAM par A. Azizi

Une fois l'ancien dépot neutralisé, une nouvelle décharge sera construite sur le même site avec la mise en place de casiers découpés en plusieurs alvéoles permettant un cloisonnement des nouveaux déchets pour un meilleur contrôle des fuites d'eaux polluées. Ces casiers seront étanchéisés par un revêtement plastique résistant contre les agressions chimiques et leur contenu recouvert d'un filin apte à limiter les dispersions par le vent. Le lixiviat sera enfin récupéré dans des bassins adjacents pour être traité.

Cette décharge est concue pour recevoir les déchets après leur tri, seuls les matérieux non recyclables seront alors stockés ici. Les personnes qui avaient pris pour métier, depuis des années, de venir récupèrer sur place les matérieux divers devraient être intégrées dans ce futur mécanisme de tri.

Dans le même temps, et dès le démarrage du chantier, l'entreprise STAM a mis en oeuvre le nettoyage de l'entrée du site, et notamment la portion de route qui mène à Zagora, jadis recouverte de plastiques. Tous les jours, un groupe de femmes rémunérées par le projet est chargé de cette collecte.

Pour permettre le dépôt quotidien des déchets collectés par les camions à ordures de l'entreprise SOS, une plateforme temporaire a été aménagée. L'assemblage des déchets de la première décharge, sur la route de Skoura, est quasi terminé et recevra le même traitement de couverture.

Avant

La décharge sauvage de Ouarzazate il y a un an par A. Azizi

Aujourd'hui

Le site de la décharge de Ouarzazate avec le regroupement des déchets par A. Azizi

Cette configuration du chantier de décharge est classique au Maroc : fermer et protéger les anciens déchets, puis assurer l'étanchéité du nouveau stockage. Le ministère poursuit actuellement 6 projets selon cette méthode.

Il reste cependant une question en suspens : le devenir des eaux polluées qui continueront d'être produites depuis les casiers de stockage. Certes, ces eaux là ne s'infiltreront plus dans le sol pour atteindre la nappe phréatique, mais elles devront bien recevoir un traitement afin d'éviter toute pollution. A minima, la technique d'évaporation devrait être utilisée mais rien n'est encore décidé car cela concerne la gestion future de la décharge qui fera l'objet d'un nouvel appel à projet au profit d'une autre entreprise. Cette question n'est donc plus de la responsabilité du constructeur de la décharge.

A contrario en Europe, l'entreprise qui construit une décharge est responsable de son bon état, et donc de sa non pollution, durant le temps de son exploitation et dans les 30 années qui suivent sa fermeture. Au Maroc, ce n'est pas encore le cas. Le constructeur de la décharge n'est plus tenu responsable une fois le chantier terminé, et c'est à l'entreprise gestionnaire du site qu'incombera la charge de veiller à la non pollution.

Il s'agira donc que le nouvel appel à projet qui devra être émis par les communes concernées, c'est-à-dire Ouarzazate et Tarmigte, prenne en compte cette exigence. Les spécialistes de la question appellent sur ce point à la mise en place d'une structure nationale qui puisse réglementer la gestion des décharges afin de ne pas reproduire des situations rencontrées ailleurs au Maroc où des décharges dites controlées se retrouvent à nouveau polluantes pour la simple raison que rien n'a été prévu pour le devenir des eaux contaminées.

Le tumulus des déchets anciens sur la décharge de Ouarzazate par A. Azizi

La région Sud Est du Maroc est appellée à accueillir d'autres chantiers similaires, notamment près de la ville d'Errachidia où la zone de décharge est vaste et non encore contrôlée. Il convient cependant de se réjouir de ce premier pas engagé ici à Ouarzazate, ville d'accueil de la centrale solaire Noor, grâce à laquelle un possible destin écologique lui est proposé.


* Le lixiviat est issu de l'eau de pluie qui traverse les massifs de déchets. L'eau de pluie participe à la dégradation des déchets stockés, processus aboutissant à la méthanogénèse. Le lixiviat se charge de polluants organiques, minéraux et métalliques, par extraction des composés solubles (lixiviation facilitée par la dégradation biologique des déchets) et risque ainsi de provoquer la pollution de la nappe phréatique. C'est en fait le résultat du chemin de l'eau qui a infiltré, percolé et ruisselé à travers les déchets jusqu'à ce qu'elle se retrouve au fond de l'alvéole de stockage (source : wikipedia)

En savoir plus

- La décharge municipale de Ouarzazate, un monde à part

- Ouarzazate aura bientôt une décharge publique contrôlée

 

 

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