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Ouarzazate a besoin d'un agenda culturel

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Abdel Hakim Aït Takniouin du festival Tamawayt 2012

Le festival Tamawayt a tenu sa 6ème édition à Ouarzazate du 6 au 8 juillet 2012. Tamawayt veut dire le chant en amazigh. Cette année là, les murs de la casbah de Taourirt ont accueilli les sons et paroles de la Méditerranée. Abdel Hakim Aït Takniouin, le responsable du festival, nous explique les raisons de cette thématique qui illustre selon lui la nature profonde de Ouarzazate. Il nous exprime enfin son avis sur la vie culturelle de la ville et le besoin urgent d'avoir une vision claire sur l'horizon que l'on veut atteindre et de poser l'agenda du chemin qui nous y mènera.

Almaouja.com - Quel est le concept d'origine du festival Tamawayt qui en est cette année à sa 6ème édition ?

Abdel Hakim Aït Takniouin - Ouarzazate, en tant que ville à vocation touristique, a besoin d'une animation culturelle permanente de qualité. Pas simplement lors de certains moments de l'année mais pendant toute l'année. Historiquement, Ouarzazate a toujours été un carrefour de différentes cultures. La culture amazigh, la culture sahraoui, la culture juive, française ... Il faut donc que les festivités de la ville mettent en écho ce qui est son identité plurielle. Au sein de notre association Anfass, nous avons toujours pensé qu'il fallait répondre à cette identité inter culturelle. Notre objectif a donc été d'offrir au public, petit à petit, une réponse à cette réalité au travers un plateau de qualité. Notre intention est de faire découvrir des expériences artistiques méconnues.

Almaouja.com - Quelle était la spécificité de cette 6ème édition ?

AAT - Cette année-là, nous avons choisi le thème de la Méditerranée. L'idée centrale était de considérer que le monde entier est à Ouarzazate. Après avoir couvert le grand Maghreb, nous avons voulu passer à tout l'alentour du grand Maghreb. La présence de la grande Samira Kadiri illustrait cela car ses chansons étaient en arabe, mais aussi en portugais, en espagnol. Le public était émerveillé. Il a bien réagi et nous sommes pleinement satisfaits de cette édition. Je sais que beaucoup pensait que nos choix de programmation étaient trop difficiles pour plaire à un grand public mais nous apportons la preuve du contraire. Quand nous proposons de belles choses au public, le public est heureux.

Le festival 2012 de Tamawayt de Ouarzazate par A.Azizi pour almaouja.com

Almaouja.com - Quels sont vos objectifs pour la prochaine édition en 2013 ?

AAT - Cette 6ème édition aura été un grand défi car les moyens financiers étaient en baisse mais grâce au soutien du Conseil municipal, du Conseil provincial, de la fondation Grand Ouarzazate ainsi que du Conseil Provincial du Tourisme, nous avons pu réussir ce défi. Nous espérons que le succès engrangé depuis les deux dernières éditions va nous permettre de mobiliser plus de partenaires et d'ainsi pouvoir ouvrir encore plus le champ de nos découvertes.

Almaouja.com - Parlons de Ouarzazate, quel bilan posez-vous sur la vie culturelle de la ville ?

AAT - Je dirais qu'il est temps de faire le bilan sérieusement. Il y a eu de bonnes et belles chose mais aussi d'importants oublis. Il est temps entre nous tous de nous réunir et d'avoir une vision plus claire de ce que l'on veut pour notre ville. Il nous faut, nous acteurs associatifs de la culture, définir un plan d'action dans le cadre d'une vision. Je garde en mémoire dans les années 90 qu'il n'y avait pas de moyens, vraiment rien, mais au moins cinq à six spectacles de théâtre dans l'année, et de haut niveau. Aujourd'hui, il n'y a plus rien. Or c'est un indice important car le théâtre réunit beaucoup d'art comme la musique, l'écriture, le décor ...

Une fois que nous aurons posé une vision, nous devrons discuter avec les acteurs politiques et économiques pour établir ensemble un plan d'action.

Selon moi, ce n'est donc pas un problème de moyen mais une question de vision claire et bien ordonnée dans une feuille de route précise. Il est vrai que le milieu associatif et tous ses soutiens ont un peu oublié l'action culturelle au profit de ce que l'on a appelé le développement humain.

Almaouja.com - Pourquoi n'y a t-il pas à Ouarzazate une économie culturelle ? Pourquoi est-ce toujours le monde associatif qui agit dans la culture ? Est-ce qu'un café culturel, avec une petit scène et donc une programmation culturelle permanente, ne serait pas une activité qui intéresserait un large public ?

AAT - Disons que tout acteur économique culturel doit être avant tout une personne concernée par la culture. Des idées comme celle que vous citez ne sont pas encore dans l'esprit des personnes dans une ville comme Ouarzazate. Cela peut se faire dans l'avenir. Je reste confiant dans l'avenir de notre ville. Nous avons commencé petit avec notre festival et maintenant nous avons atteint une certaine ampleur qui va s’accroître dans le temps. Il en ira ainsi de la vie culturelle de Ouarzazate.

 

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