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Sur la vague du nouveau Maroc

Le regard de l’autre

En lisant la réflexion d’un collègue sur le regard, j’ai eu l’idée de traiter ce sujet puisque je le trouve très intéressant, dans la mesure où il met l’accent sur un mode de la perception visuelle qui peut émerveiller des fois ou décevoir plusieurs fois la personne sur qui il est braqué. Le regard de l’autre aussi innocent soit-il peut éveiller chez ce dernier un certain nombre d’interprétations qui s’avèrent fausses, fantaisistes ou parfois véridiques dans certaines situations. Ces interprétations sont tributaires de l’état psychologique dans lequel il se trouve. S’il est de bonne humeur, il reçoit le regard sans s’attarder sur le décodage ; s’il est en mauvaise humeur, il donne libre cours à son imagination histoire d’en choisir une parmi celles qui se bousculent dans sa tête.

Certes celui-ci mobilise une instrumentation considérable dans son interprétation, laquelle instrumentation est d’ordre social, relationnel et toujours psychoaffectif; en ce sens qu’il a recours à toutes les informations concernant celui qui le focalise. Il fait donc appel à son déjà su, son déjà-vu et son déjà entendu le concernant, avec bien sûr son héritage psychoaffectif comme ingrédients. Cette mobilisation on ne peut plus énorme montre justement l’intérêt grandiose que revêt un simple regard aussi bien pour le regardeur que pour la personne regardé.

Le regard selon le regardeur

Pour être plus expressif, le regard s’accompagne souvent des expressions faciales (du visage) qui aident parfois la personne regardée à décoder le message du regard, comme le sourire, le rictus, la grimace et autres, Il peut être donc admiratif, approbatif, dissuasif, méprisant, moqueur ou vindicatif.

Aussi faudrait-il signaler que chez les personnes hypocrites, le regard reste toujours attrayant puisqu’il s’avère difficile de soupçonner la moindre focalisation.

Le regard admiratif, on le trouve chez la personne qui est émerveillée par les traits réguliers de la personne aimée, par un exploit réalisé par la personne regardée ou une simple admiration de sa façon d’être. Le regard des amoureux en est un exemple parfait. Car il porte un message d’amour et d’émerveillement.

Le regard méditatif ou contemplatif est porté par les poètes et les philosophes sur des personnes qui leur servent de muses. La personne regardée devient alors une source d’inspiration.

Le regard approbateur ou approbatif exprime la satisfaction face à un travail accompli excellemment. C’est une sorte de compliments adressés à la personne regardée. Dans ce cas le regardeur a l’intention d’encourager et de motiver, comme c’est le cas d’un enseignant qui approuve le travail d’un élève dans la classe. En outre, il peut exprimer un accord ou plutôt un consentement face à un projet à réaliser ultérieurement.

Le regard dissuasif a pour but de dissuader la personne regardée d’entreprendre une action portant atteinte à la personne du regardeur. C’est le cas par exemple d’un enfant qui regarde son rival d’une manière menaçante pour que ce dernier renonce à lui faire du mal. Le regard dissuasif émane parfois des adultes pour contrecarrer les projets malfaisants de leurs rivaux.

Le regard méprisant, quant à lui, est focalisé sur des personnes jugées indignes d’estime et moralement condamnables. Les personnes hautaines portent un regard méprisant sur les personnes qu’ils jugent prétendument en dessous d’eux. Comme s’ils veulent « péter plus haut que leur postérieur » Excusez l’expression s’il vous plaît.

Le regard moqueur, lui, est l’apanage des personnes réputées par leur goguenardise. Ce type de regard porte un message de moquerie ayant pour but de faire souffrir la personne regardée. Il se transforme de ce fait en un sadisme prémédité.

Le regard vindicatif tend à lancer à la personne regardée un message de vengeance ou de revanche après que le regardeur a eu le dessous. C’est une réparation morale d’une offense dont il était victime. Le regard que nous portons sur une personne qui nous insulte est vindicatif dans la mesure où il a pour but de sauver la face.

Il est à remarquer que différents regards peuvent chevaucher chez une même personne. Ainsi le regard d’un raciste peut-il être à la fois moqueur et méprisant. Il dépend aussi de la situation à la quelle s’expose le regardeur.

 

Le regard selon la personne regardée

La personne regardée a toujours tendance à mal interpréter le regard d’autrui même s’il est porteur d’un message positif. L’interprétation dépend de la nature de celui-ci (la personne regardée) et de son état d’âme au moment du regard.

Ainsi, une personnalité faible tend tout le temps à considérer un simple regard de l’autre comme portant atteinte à sa personne. Car il n’a pas confiance en lui-même et s’attribue des défauts physiques inexistants : un nez n’est pas comme il faut, une bouche pas fine, des rides partout ... Il se le dit à chaque fois qu’il se met devant le miroir. Il se juge donc et attribue à son propre regard et à celui de l’autre des qualifications non fondées. Un simple jugement favorable, quelque mensonger qu’il soit, peut le combler de joie ou le laisser choir.

Il se pose toujours des questions : pourquoi un tel me regarde, Pourquoi l’autre me fixe des yeux. Pourquoi celui-là me lorgne ? Des questions de ce genre lui compliquent la vie au point d’être hanté par l’autre qu’il considère comme infernal. « L’autre, c’est l’enfer », disait Jean Paul Sartre. Parfois même il évite cet autre et s’enferme dans une solitude d’inadapté refusant toute communication avec autrui. C’est dans ce cas que le regard de l’autre devient mortel. Par le mot mortel j’insinue sa mort symbolique puisqu’effectivement il est mort du moins socialement. Il refuse tout contact avec la société de crainte d’être la cible des regards des autres qu’il n’arrive pas à voir de bon œil.

Une personnalité forte, quant à elle, fait fi du regard de l’autre quoiqu’ intérieurement il se pose des questions, Mais il ne s’attarde pas là-dessus. Il s’impose à l’autre et l’oblige de le voir convenablement, par son éloquence verbal, par son aspect vestimentaire, ou par son être adorable. Il s’impose de telle sorte que tout le monde le respecte, et convoite sa manière d’être.

Mais cette force et ce charisme apparent ne sont-ils pas le fruit du regard de l’autre ? A force de subir des regards, on append à se perfectionner, à améliorer sa manière d’être pour plaire à l’autre de qui on a énormément peur.

Le regard de l’autre doit et devra nous servir de miroir pour que nous nous améliorions socialement et « comportementale ment » au lieu d’être une arme de destruction personnelle. Pour ce qui est des soi-disant défauts physiques, il ne fallait pas y penser, car personne n’est parfait. La perfection est seulement et uniquement divine.

 

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