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Le programme de développement économique de Ouarzazate initié par la GIZ met en oeuvre ses premières actions concrètes

  • Écrit par Eric Anglade

Rencontre du programme DEL Ouarzazate à la CCIS par A. Azizi

Le programme de soutien au développement économique de Ouarzazate (programme DEL Ouarzazate) mené par la GIZ poursuit son déploiement par l'organisation des réunions de travail visant à mettre en oeuvre des actions concrètes à court terme. Le lancement officiel de ce programme s'est déroulé le 22 mai 2013 et les premières conclusions des diagnostics sectoriels ont pu être présentées par les membres du groupes des champions, groupe de 17 acteurs économiques de Ouarzazate, du secteur privé et public, en charge de faire vivre le programme DEL Ouarzazate. Mme Karima Sakak est directrice depuis 2009 de la Chambre de Commerce, d'Industrie et de Services de Ouarzazate. Elle est responsable au sein du groupe des champions de l'action concrète qui vise à l'élaboration d'une base de données économiques de la province de Ouarzazate.


Almaouja.com - Quel est le rôle de la Chambre de Commerce, d'Industrie et de Services de Ouarzazate (CCIS) dans le programme DEL Ouarzazate ?

Karima SAKAK - Tout a commencé lors de la rencontre sur l'entreprenariat organisée par MASEN fin décembre 2012. J'ai eu là le premier contact avec des responsables de la GIZ et nous avons pu entamer des discussions sur la situation économique de notre province. La CCIS est désormais officiellement partie prenante de ce programme depuis que notre assemblée générale l'a décidé mais il faut dire que c'est avant tout l'implication forte du gouverneur de la Province de Ouarzazate qui nous a amené, comme c'est le cas pour d'autres institutions locales, à nous engager aussi fortement dans cette démarche innovante et enthousiasmante. Un membre de la province fait d'ailleurs partie du groupe des champions et à ce titre là participe à toutes les réunions du programme.

A lire : MASEN se positionne comme locomotive du soutien à la création d'entreprise à Ouarzazate

Karima Sakak lors de la réunion du 22 mai 2013 à Ouarzazate par A. AziziAlmaouja.com - Qu'est ce que ce programme apporte de nouveau à Ouarzazate ?

KS - Il faut savoir que plusieurs études et autres diagnostics ont déjà été menés dans le passé mais semblent n'avoir servi à pas grand chose, notamment car ces études faisaient ressortir des actions de trop grande envergure qui ne pouvaient pas être mises en oeuvre par les acteurs locaux, et où le secteur privé ne se trouvait jamais impliqué.

C'est pourquoi cette approche est différente car elle vise avant tout à réunir les acteurs du secteur privé et du secteur public à travers une démarche participative qui vise à faire ressortir les avantages compétitifs de chacun des secteurs de notre économie locale. L'objectif est d'identifier des actions concrètes qui pourraient être réalisées rapidement et ainsi apporter une amélioration vis à vis des problèmes diagnostiqués.

Almaouja.com - Ce matin s'est donc tenue la première réunion visant à mettre en oeuvre une des actions concrètes du programme DEL Ouarzazate. Quel est l'objet de cette action et qui était présent à cette réunion ?

KS - Cette action a été décidée lors de notre réunion de travail du 22 mai et une feuille de route avait alors été posée pour nous engager dans l'objectif d'élaborer une base de données économiques de la province de Ouarzazate. Nous avons donc aujourd'hui réuni les établissements qui sont directement concernés par l'accompagnement à la petite entreprise, à savoir la Province de Ouarzazate, la Délégation provinciale du Commerce, le Centre Régional d'Investissement (CRI), le service des Impôts et bien sur la Chambre de Commerce.

Nous étions partis du constat partagé par tous qu'il n'y pas de convergence entre tous ces établissements et que nous n'avons pas une base de données commune qui nous permettrait de mieux comprendre les réalités de notre économie.

Il faut savoir que les entreprises qui se créent n'ont pas l'obligation de passer par le CRI ou la CCIS, ce qui fait qu'aucune donnée fiable n'est disponible sur le monde de l'entreprise, aucune statistique ne peut être fournie de manière sérieuse pour étayer les études qui s'avèrent ainsi éloignées de la réalité du terrain. Cette absence de visibilité crée un problème important que nous n'avons pu que constater ensemble.

Almaouja.com - Et donc, fidèles à la méthode employée au sein du programme DEL Ouarzazate, vous n'avez pas cherché à comprendre les raisons de ce problème mais vous avez d'emblée cherché à trouver des solutions concrètes ?

KS - En effet, nous avons cherché à trouver une solution tangible qui implique les ressources humaines déjà disponibles et qui puisse produire rapidement des résultats concrets.

Almaouja.com - Cependant, d'où vient ce problème selon vous et pourquoi n'a-t-il jamais été résolu auparavant ?

KS - Il faut reconnaitre que tous ces établissements ont des objectifs propres qui font que chacun travaille dans son coin à atteindre ses objectifs, bien souvent définis par les administrations centrales. Nous avions déjà fait à la chambre de commerce ce constat et nous avions essayé dans le passé d'y remédier mais sans parvenir à mobiliser les autres institutions. La GIZ nous a justement donné cette opportunité de réunir les personnes concernées et de nous mettre tous autour de la table pour résoudre ensemble ce problème.

Il nous est apparu que les services des impôts sont les seuls à détenir l'information la plus fiable concernant toutes les entreprises, c'est donc cette institution qui doit être la source pour éditer des statistiques qui pourront alors servir à tous.

Responsables des impôts et du CRI de Ouarzazate par A. Azizi

Almaouja.com - Comment allez vous procéder ?

KS - Aujourd'hui, nous avons discuté de la manière de recueillir ces informations pour les diffuser entre nous. Dans un premier temps, nous allons définir les critères des informations qu'il faudrait collecter. Ensuite, les services des impôts vont faire ressortir ces données depuis leur propre base, et ces données seront réunies dans un document de type excel pour alors le rendre disponible à tous ceux qui seraient intéressés. Nous prévoyons d'établir une procédure d'actualisation périodique de ces données. Nous allons commencer par le secteur du BTP, qui est l'un des plus importants, et ensuite nous couvrirons les autres secteurs de l'économie locale.

Almaouja.com - D'autres actions concrètes vont ainsi être travaillées, par d'autres groupes, et sous la responsabilité d'un autre membre du groupe des champions ?

KS - Oui, je peux vous citer une autre action menée sous la responsabilité de M. Lahcen Aït Mouh, directeur de l'école Pigier, et qui vise à mettre en place un club des dirigeants durables en tant que réseau de partage des idées et des expériences entre des entrepreneurs.

M. Hassain Zaga est président de l'association des entrepreneurs du BTP et s'est chargé de suivre une autre action concrète visant à préparer une formation technique et managériale pour les opérateurs du secteur BTP. Nous avons aussi des actions très diverses comme celle qui vise à redymaniser le comité technique provincial, à renforcer la qualification des métiers du cinéma ou à organiser des rencontres entre les professionnels du cinéma et du secteur du tourisme.

Tous les champions doivent assumer l'animation d'une action concrète et la mener au terme de sa réalisation. C'est là la méthode apportée par la GIZ.

Le succès engendre le succès

Il est très important pour nous de réussir toutes ces actions à court terme car c'est ainsi que nous pourrons prouver à tout le monde qu'il est effectivement possible de résoudre nous mêmes nos problèmes. Ce n'est en effet pas la GIZ qui fait ce travail de résolution des problèmes. Ils ne sont là que comme des facilitateurs et c'est nous, acteurs responsables de notre économie locale qui pouvons prendre en charge la mise en oeuvre des solutions. A ce stade, nous ne sommes encore pas nombreux mais c'est déjà une grande nouveauté ce qui se déroule depuis quelques semaines.

C'est pourquoi nous invitons tous les établissements et autres organisations à adhérer à ce programme et à l'intégrer dans leur plan d'action, à rejoindre cette dynamique pour la renforcer.

Et je suis convaincue que le succès engendre le succès. Il nous faut donc commencer par le succès de nos actions concrètes et ainsi plus de monde va se mettre à croire que c'est vraiment possible de changer les choses ici à Ouarzazate.

En savoir plus

- La GIZ lance à Ouarzazate un programme participatif de développement économique local

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