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Sur la vague du nouveau Maroc

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Les jeunes artistes ont la conviction de pouvoir faire du bien à Ouarzazate

  • Écrit par Eric Anglade
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Le groupe de musique Fausse Note en répétition à Ouarzazate par A. Azizi

La scène musicale ouarzazi est encore balbutiante, à l'image de la vie culturelle de Ouarzazate, à l'image toute entière de cette ville qui semble juste sortir de son long sommeil pour s'apprêter enfin à vibrer avec son temps et ainsi donner à sa jeunesse la place qui doit être la sienne dans la collectivité : une jeunesse dynamique, créative et motrice du développement de la cité.

Le groupe Fausse note est l'expression de cette réalité, de ce réveil et de cet engagement quasi citoyen qui considère la création culturelle comme l'un des piliers d'une ville moderne où il fait bon vivre.

Créé en 2010, Fausse Note réunit aujourd'hui 5 jeunes de Ouarzazate et s'apprête à sortir son premier album.

A l'origine, Amine Blal et Aissam Raja se rencontrent pendant les dernières années du lycée et se lancent dans l'apprentissage de la guitare. Très vite, l'envie de former un groupe et de voler sous son propre nom s'impose. La rencontre avec Ayoub Aissawi, un jeune chanteur de rap rencontré lors d'un concert Place El Mouahidine, leur permet de franchir le pas et d'accueillir la touche rap dans leur répertoire. Viennent ensuite Ayoub Chaman, le batteur, et Youssef Amor, le bassiste, et le groupe est au complet et peut alors entamer sa laborieuse marche vers son public, le monde, et vers le succès, horizon naturel de tout artiste et finalement de toute jeunesse.

Chacun dans le groupe participe à la composition des morceaux. L'un apporte une idée mélodique, un bout de texte, une envie d'ambiance et les autres ajoutent leur part au fil des répétitions. Leur création parle de leur société, des relations entre les personnes, de l'amour, bien sur, de leurs territoires de vie, de leurs quartiers d'enfance et de tous les rêves qui trottent dans leur tête de jeune.

Fausse Note est un groupe de musique marocain, fier de l'être, et ouvert à différents genres musicaux dans une intention d'ouverture et de rencontre avec le monde. A ce jour, leur palmarès se limite à une dizaine de petits concerts mais déjà 9 morceaux originaux ont été élaborés et sont sur le point d'être enregistrés grâce à l'appui précieux de la société Cybola Sound production qui leur assure des conditions techniques professionnelles. Elbachar, Ya lyam, Stack Attak, Cheese tamar, Cleopatre ... déjà ces noms résonnent auprès de leur public naissant.

 

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"Il faut passer par des fausses notes pour arriver à la bonne note"

Fausse note, pourquoi ce nom étrange ?

Pour Amine Blal, cette expression s'est imposée dès le départ. Elle est à leurs yeux le vraie symbole de leur aventure artistique : la fausse note, c'est la petite touche d'erreur qui fait partie intégrante du chemin d'apprentissage, c'est la marque de l'imperfection qui trouve sa juste place dans un mouvement collectif vers le mieux. C'est la clé de la réussite : faire et toujours refaire, en dépit des difficultés et des erreurs. Amine en est convaincu : "Il faut passer par des fausses notes pour arriver à la bonne note". Ce message, c'est aussi et surtout un message de confiance, d'apaisement face aux impatiences ou aux sentiments d'injustice. La vie d'un groupe est naturellement difficile, chacun ayant sa vie à mener, son argent à gagner, son avenir à construire, mais le plus difficile c'est la sensation de médiocrité qui entoure la création à Ouarzazate, et la culture en général.

"Rien n'est fait pour aider les jeunes à exprimer leur créativité", nous explique Amine. "Ouarzazate bouge, c'est vrai, mais il manque encore un environnement favorable à la création, tout art confondu. Quand nous faisons nos concerts à Ouarzazate, trop souvent nous souffrons en tant qu'artiste car les prestations techniques ne sont pas à la hauteur, ni pour le son, ni pour la lumière. Pour réussir une scène technique, il faut une équipe avec un esprit professionnel, une équipe qui aime ce qu'elle fait, qui aime les artistes."

A l'image de son volontarisme d'origine, Amine a compris qu'il ne fallait plus attendre la solution mais la créer soi même.

C'est pourquoi il vient de lancer son entreprise d'événementiel pour justement accorder aux artistes de la ville le respect qui leur est dû. Et dans ce même état d'esprit, même s'il reproche à la municipalité ou bien à la délégation de la culture de ne pas s'intéresser aux jeunes artistes de la ville et donc de ne pas répondre à leurs besoins, il sait que la principale responsabilité repose entre ses mains de jeunes et d'artistes.

Avec d'autres jeunes artistes de Ouarzazate, ils sont sur le point de créer une association qui va s'impliquer dans tous les arts et toutes les formes de la créativité culturelle. "Notre objectif est de booster la création à Ouarzazate. Nous savons qu'il y a ici un potentiel. Il y a plein d'artistes, ils sont délaissés mais ils sont là. Il faut sortir de la culture classique et ouvrir l'espace de la créativité. Nous allons donc essayer de monter des ateliers pour diffuser l'apprentissage de l'art, car les enfants sont dans l'attente de cela. Nous espérons rapidement avoir un lieu et un budget. Nous savons que ce sera dur mais nous allons essayer. Les artistes doivent bouger eux mêmes. La solution de leur problème est entre leurs mains."

Quand on demande à Amine quel message prioritaire il aimerait faire passer, il ne sort pas de sa logique. Il dit et encore il le redira, comme il fait et encore refait le geste de la création : "Pour parvenir à son horizon, il faut comprendre que le meilleur des chemins est le travail d'équipe. Il nous faut juste un coup de pouce, qu'on nous donne notre chance. Nous croyons en nous et nous pouvons faire du bien à la ville de Ouarzazate."

A écouter

FAUSSE NOTE - Elbachar by cybola

A découvrir :

- La page facebook Fausse Note

 

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