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Sur la vague du nouveau Maroc

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Le ciné-tourisme à Ouarzazate, pourquoi pas ?

  • Écrit par Eric Anglade
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Les studios Atlas de Ouarzazate

James D. Chabert est porteur à Ouarzazate d'un projet de ciné tourisme. Lauréat du concours MovieMed 2011 qui s'est déroulé à Ouarzazate, il travaille aujourd'hui à mettre en oeuvre un service de séjour touristique dédié au cinéma et apte selon lui à redonner dynamisme à l'économie du tourisme aujourd'hui en sommeil.

Relier le cinéma avec le tourisme n'est pas une idée nouvelle mais elle n'a encore jamais été testée à Ouarzazate, ville mondialement connue précisément pour le cinéma et le tourisme. En Janvier 2011 pourtant, le concept du ciné-tourisme avait été lancé à Ouarzazate avec la tenue de la deuxième édition des rencontres MovieMed dont l'objectif général est de contribuer à renforcer les synergies entre les acteurs du tourisme et de la production audiovisuelle méditerranéens. Le ministre marocain de la communication avait alors inauguré l'événement qui s'était conclu par la remise de différents prix suite à un concours de projets relevant de la production audio visuelle et du ciné-tourisme.

Depuis cet événement, plus rien ! Ni les initiateurs des rencontres MovieMed, l'équipe française du projet Invest in Med, ni les opérateurs marocains ou ouarzazi du tourisme et du cinéma n'ont poursuivi sur l'élan de ces rencontres pourtant fortement médiatisées. Après le départ des conférenciers étrangers, le silence reprit son ouvrage sur Ouarzazate, comme si rien ne s'était passé.

james chabert sur ouarzazate par A.AziziMais dans le droit fil des grandes traditions du cinéma, il demeura un protagoniste, quasi seul contre le silence ambiant, à porter haut et fort sa foi dans les vertus du ciné-tourisme et à lutter, vaille que vaille, pour qu'ici voit le jour la première activité touristique orientée sur le cinéma. 

James D Chabert fut en effet l'un des lauréats du concours MovieMed au titre de son projet : « Le Cinéma dont vous êtes le héros ».

Fort de cette reconnaissance, James s'est engagé dans le montage d'une entreprise, la société Made In Ouarzazate, apte à mettre en oeuvre son idée. La première étape qu'il entama en juin 2011 fut de tester le concept du "tourisme du 7ème Art" auprès de son public cible potentiel : les cinéphiles, les touristes, les amoureux du Maroc. Il a mis en ligne sur le web un questionnaire destiné à recueillir les avis pour ensuite pouvoir analyser ces réponses et affiner son offre d'animation ciné-touristique.

James nous explique pourquoi le ciné-tourisme est un produit qui
fonctionne :

"Le 7ème art repose sur la création d’émotions par l’image et le son. Ce faisant, il associe dans l’esprit des spectateurs des espaces géographiques (les destinations) à des moments de plaisir qu’il fera bon de s’approprier dans le cadre d’un séjour. Ainsi, certains feront du ciné-tourisme pour découvrir des lieux réels tandis que d’autres seront carrément interpelés par la recherche de lieux imaginaires qui n’existent que dans l’hyper réalité du 7e art (sites de tournage de Star Wars, en Tunisie, par exemple, ou de la saga des Lord of the Ring, en Nouvelle-Zélande).Le ciné-tourisme n’est pas nouveau : il a été observé pour la première fois à la fin des années 1930. En effet, c’est dans le sillon du succès du film Mutiny on the Bounty (1935), tourné à Tahiti, que le tourisme a pris forme dans ces îles du Pacifique. Le phénomène s’est accentué dans les décennies suivantes, par l’émergence d’un intérêt touristique pour d’autres espaces géographiques, jusque là ignorés du monde du voyage d’agrément, grâces à des films comme Niagara (1953), Bridge on the River Kwai (1958) et Lawrence of Arabia (1962). Mais aucun film n’aura un impact aussi grand que The Sound of Music (1965) qui continue de produire, bon an mal an, plus de 300 000 visiteurs attirés par la ville de Salzburg dans l’espoir d’y reconnaître un élément (marqueur) du film."

A ce jour, plus de 1000 questionnaires ont été remplis et déjà un constat s'impose : près de 70 % des personnes répondent être prêtes à consacrer un budget de 1000 euros en moyenne pour passer à Ouarzazate un séjour de 7 jours dans le cadre d'une animation de ciné-tourisme, qui elle s'étalerait sur 5 jours.

L'enquête va se poursuivre dans l'objectif d'atteindre les 1200 réponses et ensuite les conclusions de cette étude seront transmises à des opérateurs touristiques afin de les convaincre d'engager une deuxième phase, l'expérience d'une animation test qui puisse valider, grandeur nature, la pertinence d'une telle activité touristique.

Dans le programme d'animation du séjour, il est prévu des spectacles, des jeux de piste du genre chasse au trésor, la découverte des décors de tournage des films célèbres et d'autres activités qui seront présentées à partir de 2013 dans le catalogue des services proposés par l'entreprise Made In Ouarzazate. Ces services devront se décliner selon des formules d'animation pouvant aller d'une journée à 5 jours.

Réunir à Ouarzazate les amateurs des grands films

Autre idée en cours dans l'esprit de James : organiser les rendez vous anniversaire des films célèbres tournés dans le grand Ouarzazate. Il en va par exemple du fameux Laurence d'Arabie dont une partie a été tournée à Ouarzazate et qui fêtera en janvier prochain les 50 ans de sa sortie en France. Selon James, avec cet exemple là, comme avec d'autres grands films, c'est l'occasion de créer des rendez vous touristiques à forte notoriété et donc susceptibles d'attirer les nombreux cinéphiles qui demeurent année après année liés à tel ou tel grand titre du cinéma mondial.

Reste maintenant à faire vivre ces belles idées pour les inscrire dans l'activité touristique du territoire. Rien n'est gagné mais il est certain qu'une des solutions à la crise profonde que traverse le tourisme dans la région Sud Est du Maroc réside dans la mise en oeuvre et finalement la multiplication d'activités, dites de niche, sur des secteurs de spécialisation à vocation culturelle, sportive, scientifique ou autre ... Quel que soit le devenir de son expérience, James D. Chabert aura eu le courage d'y croire et de la mener à bout. Face à l'inertie des responsables institutionnels locaux du tourisme, James, avec son initiative pour un ciné-tourisme à Ouarzazate, a les vertus des pionniers : entêté et fidèle à l'intuition initiale. Souhaitons lui de réussir car cette réussite pourrait servir d'exemple et alors prouver à tous les jeunes du territoire que bien souvent, c'est en dehors des sentiers maintes fois rabattus que se déniche la bonne idée, celle qui fera mentir le fatalisme du déclin, celle qui donnera l'enthousiasme d'entreprendre et apportera à toute la collectivité le dynamisme aujourd'hui manquant.

En savoir plus

- Le site de l'entreprise Made In Ouarzazate

- L'enquête en ligne 

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