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Sur la vague du nouveau Maroc

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Le festival Taragalte de M'Hamid El Ghizlane honore les musiques du désert

  • Écrit par la rédaction
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Il y a quelques années de cela, les provinces de Ouarzazate, Tinghir et Zagora étaient réunies en une seule. Tout au bout de ce vaste territoire, la porte du grand désert du Sahara se trouvait à M'Hamid El Ghizlane, "la plaine des gazelles", dernier des oasis de la vallée du Drâa, dernière halte pour le départ des grandes caravanes d'autrefois.

Avant 1972, les seuls étrangers que l'on croisait alors dans cette région n'étaient pas considérés comme des touristes mais plutôt comme des aventuriers avec lesquels il convenait de garder distance et de se méfier. La colonisation n'était pas encore loin dans les mémoires.

De 1973 à 1986, les problèmes du Sahara marocain entrainent la fermeture complète de la zone. Les visiteurs désireux d'admirer le désert devaient alors se limiter à la dune de Tinfou. Après, une barrière bloquait toute avancée.

A partir de 1986, il devint possible de se rendre jusqu'à M'Hamid mais après avoir reçu une autorisation administrative et sous la condition expresse d'être accompagné et de ne pas rester dormir sur place.

Ce n'est que dans les années 1990 que commence à se développer une véritable activité touristique, quelque peu désordonnée, mais qui préfigure déjà les futures spécialisations du territoire avec l'organisation de bivouacs, rallyes et autres excursions motorisées. Année après année, le tourisme devient de masse avec des bivouacs de 400 à 600 personnes pour ensuite s'engager vers une approche plus écologique dans un souci de préservation de l'environnement et de découverte culturelle. C'est là le tourisme de randonnée, à pied ou en chameaux.

Le Sud Est du Maroc vivait alors sa période faste. La configuration des circuits était idéale pour les professionnels : après les casbahs et les oasis de la vallée du Drâa, le visiteur parvenait aux dunes du Sahara pour y rencontrer le silence et le dépaysement complet. Au fil des années cependant, la désorganisation de l'activité s'est malgré tout poursuivie sans parvenir à faire concilier le tourisme motorisé (en quad et 4x4) et le tourisme de randonnée. Personne n'a pu se mettre d'accord et au bout du compte, c'est l'ensemble de l'activité qui a vecu une baisse, importante, de fréquentation.

Halim Sbai du feastival Taragalte par A. AziziHalim Sbai est originaire de M'Hamid El Ghizlane et à ce titre là, lui et sa famille se sont engagés très tôt dans l'activité touristique mais en tentant de mettre en oeuvre une approche pragmatique qui prenne en compte la réalité des problèmes et inscrive toute action dans la durée.

En 2008, une association est créée, l'association Zaïla pour la protection de l'environnement. Le mot "Zaïla" signifie "passager éphémère" et désigne aussi le dromadaire. Leur premier objectif est de tenter d'enrayer la détoriation du territoire par les ordures et autres décharges sauvages. Des opérations de nettoyage sont organisées La même année, ils sont invités par le festival Paleo, en Suisse, pour présenter au public les traditions de M'Hamid El Ghizlane. Ce moment de rencontre leur donne l'idée et l'envie d'organiser à leur tour un événement culturel qui puisse mettre en valeur le patrimoine de leur région et ainsi mieux le faire connaitre.

En 2009, le festival de Taragalte voit le jour.

Taragalte, c'est l'ancien nom de M'Hamid El Ghizlane, un nom amazigh qui signifierait le "long du canal". Tête de ligne du trafic transsaharien au seiziéme siècle, Taragalte était alors peuplée par plus de vingt mille habitants dont environ deux mille de confession juive. Elle était située dans la palmeraie sur les rives de l’oued Drâa. La terre y était très fertile, agriculture, pâturage et récolte des dattes permettaient à ses habitants d’y vivre très à l’aise. Les caravanes commerciales ont continué à sillonner le Sahara entre le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et le Mali jusqu’au milieu du vingtième siécle.

Le concept de ce festival rejoint celui du traditionnel Moussem qui avait lieu dans l’Oasis de M’Hamid (Taragalte) et qui fêtait le retour des grandes caravanes après de long mois passés dans le désert. Le but du Festival est ainsi de rendre hommage aux diverses communautés sahariennes encore vivaces de nos jour. Il commémore aussi la venue de SM Mohamed V à M’Hamid El Ghizlane en 1958 lorsqu’il lui confirma son rôle de « porte du Sahara ».

Le festival est un événement qui réunit l’art et la culture du désert et fait la promotion de cet héritage culturel, via l'exposé des musiques traditionnelles ou modernes, des contes, légendes, et autres trésors du patrimoine ainsi réunis autour de cette volonté des organisteurs de leur redonner vie et rayonnement.

Affiche du festival Taragalte 2012La quatrième édition se tiendra du 9 au 11 novembre 2012 et réunira près de 50 artistes de différents endroits du monde pour une capacité d'accueil de 150 festivaliers. Cette édition sera organisée autour du thème "la femme du désert" et accueillera la grande chanteuse marocaine de renommée internationale, Oum, marraine du festival.

De nombreux partenaires ont permis la réalisation de cette nouvelle édition et participent au budget global qui avoisine 1 000 000 Dhs : le Paleo festival (Suisse), la fondation hollandaise Doen dans le cadre de leur programme "Culture et Média international", l'organisation Butterfly works, la province de Zagora, l'Office du tourisme, la Royal Air Maroc, l'entreprise Vivendi ... Malheureusement, ni la région Souss Massa Drâa, ni la fondation Grand Ouarzazate et ni la Film Commission n'ont accepté cette année de soutenir ce projet qui a pourtant réussi à s'inscrire dans la durée pour faire vivre avec élégance et authencité l'une des singularités les plus appréciées du Maroc, celle justement d'être le seuil accueillant du vaste et mystérieux Sahara.

A découvrir

- En images : le festival Taragalte 2012

En vidéo : what special about Taragalte ?

- Le site officiel du festival

Festival Taragalte à M'Hamid El Ghizlane

 

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