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Sur la vague du nouveau Maroc

Ouarzazate : le cinéma se porte-t-il bien ?

Le cinéma à Ouarzazate par A. Azizi

Le secteur de cinéma se porte-t-il bien à Ouarzazate ?

Il s’agit certes d’un vecteur incontournable dans la donne du développement. La question mérite dès lors un réel penchant.

Un constat : l’on se plaint encore dans le cercle des professionnels d’une anarchie, d’une improvisation, d’un laisser-aller et d’un entourage non propice. Bref, les professionnels et acteurs de développement désignent du doigt, comme dans le passé, l’absence d’une stratégie dédiée à ce secteur.

Pourtant, en avril 2008, le Conseil Régional Souss-Massa-Drâa avait présenté une étude visant à développer l’industrie cinématographique à Ouarzazate, à l’horizon 2016. Quatre ans après le déclenchement de cette stratégie, présentée au Souverain fin 2007 à Ouarzazate, l’heure est au bilan. Il faut dire que bien avant d’élaborer cette stratégie, Ouarzazate était déjà connue et reconnue, vu le nombre de films de renom qui ont été produits dans la cité des mille Casbahs.

Il était vrai également que la cité progressait sans cap ni gouvernail, au détriment de concurrents de moindre atouts, certes. Mais, ces derniers allaient emprunter un chemin plus sérieux et plus rationnel : se développer sur la base d’une stratégie. Il fallait ainsi passer à l’acte et procéder à une réflexion profonde en la matière, sinon ce sera la décadence qui augure d’une chute libre. Chose notée… efforts déployés. Le résultat est louable : ce fut une stratégie de promotion et de valorisation. Cette politique consistait essentiellement à valoriser et promouvoir l’existant, améliorer l’infrastructure et commercialiser le produit « Ouarzazate ». Les faiseurs de la stratégie en question l’ont souligné sous des termes aussi clairs : le défi à relever était d’ériger Ouarzazate en une destination reconnue par les maisons de production et les professionnels du cinéma, en tant que lieu du tournage performant. Il fallait aussi répondre aux normes de qualité internationales, dotée d’une offre en studios et décors diversifiée et compétitive, tout en s’appuyant sur des hommes, qualifiés, compétents et motivés.

La situation ne semble pas être réglée

A quelques jours de l’entame de l’an 2013, la situation ne semble pas être réglée. On assiste aux mêmes lamentations, les mêmes doléances et les mêmes aspirations. Les gens sur le terrain n’y voient pas trop de changement, ni de perspectives meilleures et prometteuses. Trois axes à réviser impérativement dans ce sens :

1 - Le volet de la promotion à l’intérieur du pays comme à l’étranger est un axe d’une importance capitale, Car il s’agit de promouvoir un produit qui n’est pas uniquement destiné au secteur cinéma. Ceci sans oublier que la volonté de tourner dans un endroit peut naître pour des questions diverses dont la dynamique du groupe d’acteurs, le mode de gouvernance, la démocratie locale et participative… Il y a lieu de souligner qu’il a besoin d’être enrichi par l’association et l’implication d’autres composantes sociétales, notamment les acteurs de la société civile et des médias locaux. Une manière de se faire en front pour la défense d’un projet intégré, et non sectoriel. Mais un facteur à ne pas omettre pour procéder à la promotion chez-soi : la création à Ouarzazate d’un grand festival de cinéma.

2 - Les lauréats de la faculté polydisciplinaire (FPO) et de l’Institut Spécialisé aux Métiers de Cinéma (ISMC) veulent que la stratégie prenne en compte leur espoir de se voir intégrés dans tous les projets réalisés sur place. C’est là, un potentiel humain qualifié, mais qui a besoin d’être compétent et motivé pour mieux entrer en compétitivité. Or, leur intégration dans le marché de travail est laissée à la bonne chance des candidats et au bon vouloir des courtiers traditionnels d’un secteur où sévissent encore les pratiques de clientélisme, de cooptation et de corruption. Ce qui n’encourage pas à tirer le secteur vers le haut et consacre les anciennes pratiques.

3 – La stratégie a stipulé dans ses termes le soutien de toutes les initiatives privées en matière d’industrie cinématographique, et un appel d’offre a été lancé depuis déjà 2008. Nous n’évoquerons pas, ici, le nombre de projets qui ont échoué, ni le nombre de projets qui ont été écartés pour des raisons futiles, parfois, mais il est important de signaler un point en relation avec le deuxième volet. Il s’agit d’inviter les lauréats eux-mêmes à investir dans les domaines où l’on ressent un grand besoin, conformément à une étude ou un diagnostic. Laisser l’initiative privée ouverte à tout un chacun a attisé la convoitise de certains non professionnels, et a contribué à la mise à l'écart des jeunes ne disposant pas, bien évidemment, de l’argent nécessaire pour démarrer leurs projets !

Loin donc d’évoquer le déficit en infrastructures de l'industrie cinématographique (studios professionnels, dispositions postproduction…), il serait aussi difficile de passer sous silence l’impossibilité jusqu’à présent de mettre effectivement en œuvre le concept du « One stop shop ». Plusieurs faits attestent qu’Ouarzazate n’a pas encore atteint le stade de s’ériger en un unique interlocuteur des producteurs !!!

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