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éclairages

La santé à Ouarzazate : priorité à la modernisation

  • Écrit par La rédaction

L'hôpital Sidi Hssain Benaceur de Ouarzazate en chantier par A. Azizi

Cinquième volet du dossier "éclairages" sur Ouarzazate 2013 : la santé. Signe majeur de modernité dans les cités du monde, la santé était il y a peu un sujet d’inquiétude pour les habitants de Ouarzazate comme pour les visiteurs de passage. Aujourd'hui, et à l'instar de l'ensemble de la ville, les chantiers sont visibles par tous et marquent le début d'une nouvelle époque. M'Hamed Berjaoui est le délégué de la Santé à Ouarzazate depuis 2009. Originaire d'Errachidia, il a jadis travaillé comme médecin généraliste dans les provinces de Ouarzazate, Tinghir et Zagora. Il répond aux questions d'almaouja.com et nous démontre le niveau d'ambition visé.

Almaouja.com - Quelle est la mission de la délégation Santé dans la province de Ouarzazate ?

M'Hamed Berjaoui - La délégation de la Santé est là pour appliquer les politiques santé du gouvernement marocain et ce au niveau de la province. Elle a 4 missions principales : administrative, curative, préventive et éducative.

D'un point de vue administratif, nous sommes en charge de tout le personnel santé dédié à la province, depuis le médecin jusqu'aux infirmiers et le personnel technique.

Sur le plan curatif, nous supervisons tous les services liés aux hôpitaux, l'hôpital provincial de Sidi Hssain Benaceur et l'hôpital des spécialités de Bougafer (ophtalmologie, ORL et soins dentaires).

Sur le plan préventif, nous disposons de 28 centres de santé périphériques qui interviennent sur la vaccination des enfants, la planification familiale, la santé de la mère et la lutte contre les 6 maladies ciblées dans le cadre d'un plan d'éradication nationale (la polio, la thyphoïde, la diphtérie, le choléra, le tétanos, la tuberculose). Ces centres assurent aussi un programme de lutte contre la malnutrition des enfants et un programme d'hygiène alimentaire avec la visite des puits et des points d'eau.

Nous avons enfin un institut des carrières de santé qui assure la formation essentiellement des infirmiers polyvalents et des sages femmes sur la province.

Almaouja.com - Combien de centres de santé sont aujourd'hui en service ?

MB - En 2010, nous avons du fermer 15 centres de santé par manque de matériel mais en 2012 nous avons pu ré ouvrir tous ces centres. Il y a ensuite 4 centres de santés urbains (2 à Ouarzazate, 1 Skoura et 1 autre à Taznacht), des centres ruraux communaux simples et d'autres centres de santé avec des modules d'accouchement. Nous avons en effet 7 maternités rurales entièrement réaménagées. Et chaque centre de santé dispose maintenant d'une ambulance.

M'Hmed Berjaoui, délégué de la santé à Ouarzazate par A. Azizi

Almaouja.com - A combien se monte le nombre du personnel au sein de la Délégation de la Santé ?

MB - Nous avons 482 personnes au niveau de la province de Ouarzazate, tout poste confondu, zone urbaine et rurale comprise.

Almaouja.com - Quelles sont les problématiques principales de la santé dans la province de Ouarzazate ?

MB - La première difficulté à laquelle nous sommes confrontés est que 75 % de la population de la province de Ouarzazate vit en milieu rural et se trouve donc éloignée des structures de santé existantes.

Le deuxième problème que nous rencontrons est l'instabilité du personnel médical. Les spécialistes qui nous rejoignent ne veulent en effet pas rester plus d'une année et demandent rapidement leur mutation pour rejoindre de plus grands villes, et ce pour des raisons familiales et de confort de vie. Ceci dit, toutes les spécialités sont à Ouarzazate, depuis la neurochirurgie jusqu'à la chirurgie générale, en passant par la traumatologie, sauf la cardiologie chirurgicale.

Nous fonctionnons ici comme un hôpital régional

Le troisième grand problème est que l'hôpital de Ouarzazate est censé être un établissement à rayonnement provincial mais en réalité nous drainons des patients de toute la région Sud Est. Tous les malades en provenance des provinces d'Errachidia, de Zagora, de Tata et Tinghir arrivent ici pour se faire soigner. Nous sommes donc en surnombre et les spécialistes sont débordés. Il y a certes des hôpitaux dans ces provinces mais ils n'ont pas toutes les spécialités.

Notre hôpital serait suffisant pour notre seule province mais comme nous servons en réalité 4 autres provinces, nous fonctionnons comme un hôpital régional.

Un autre problème important est que les patients sont mal sensibilisés et trop souvent arrivent au médecin au stade terminal. Trop souvent la population fait appel à des pratiques médicales traditionnelles et ne profitent pas des services existants.

Enfin, le dernier problème est celui de notre unique scanner, présent ici depuis 2004, mais dépendant des techniciens de Casablanca pour sa maintenance. Ce scanner est souvent en panne et pourtant il sert, là encore, à toute la région. Nous espérons cette année remédier à ce problème en nous chargeant nous-mêmes de la maintenance car nous allons désormais gérer directement le budget.

L'hôpital Sidi Hssain Benaceur de Ouarzazate en chantier par A. Azizi

Almaouja.com - Il y a aussi un centre d'hémodialyse ?

MB - En effet, nous avons un centre d'hémodialyse qui sert là encore les 4 provinces et accueille près de 100 patients. Ce centre n'a pourtant qu'un seul médecin et deux infirmiers. Cette année pourtant, deux nouveaux centres d'hémodialyse ont ouvert à Zagora et Tinghir mais la demande est forte entre les touristes de passage, les personnels du cinéma et les marocains de l'étranger.

Almaouja.com - Quels sont pour l'année 2013 les développements prévus dans le secteur de la santé ?

MB - Il y a en effet de grands projets d'investissement pour notre province de Ouarzazate. Tout d'abord, nous allons procéder au réaménagement et rééquipement de tous les centres de santé. A ce jour, presque la moitié sont terminés.

Le plus gros projet est la construction d'un nouvel hôpital régional sur une superficie de 8 ha près de la Faculté Polydisciplianire de Ouarzazate. Ce nouvel établissement sera un hôpital régional. Le marché est lancé, le bureau d'études et topographiques ont été retenus. Nous y aurons toutes les spécialités avec en plus un centre d'oncologie et un centre de réadaptation. Le chantier ne va pas tarder à commencer et devrait être terminé dans deux ou trois ans.

Almaouja.com - Comment expliquez vous le mauvais état actuel de l'hôpital de Sidi Hssain qui crée des inquiètudes importantes notamment pour les personnes de passage ?

MB - Cet hôpital est ancien, il date des années 70 et même si son plateau technique est complet et performant, je veux redire que son problème principal est la surcharge des patients qui proviennent de toute la région Sud Est. Il a pourtant de tout le matériel nécessaire. Rendez vous compte qu'en 2012, nous avons fait à peu près 4000 accouchements avec seulement 2 sages femmes. Nous avons pu réaliser 53 000 passages aux urgences et près de 1500 opérations. Les consultations spécialisées ont atteint près de 20 000 patients. C'est imposant en terme d'activité mais nous ne pouvons plus satisfaire tout le monde.

Le chantier de l'hôpital Sidi Hssain Benaceur de Ouarzazate

Almaouja.com - Cependant, l'hôpital Sidi Hssain Benaceur est aujourd'hui lui aussi en chantier ?

MB - En effet, nous avons engagé le réaménagement et la rénovation de l'hôpital dans 70 % de ses composants dont principalement les urgences, la maternité, le bloc opératoire, le laboratoire, la pharmacie, la psychiatrie, la cuisine ... De nouveaux bâtiments ont déjà été construits et nous avons entamé récemment la rénovation du bâtiment des urgences. Ce chantier mobilise un budget de 100 millions de Dirhams couvert essentiellement par la Banque Européenne d'Investissement. Les travaux devraient être terminés fin de l'année 2014.

Nous allons aussi rénover le bâtiment du centre de formation de santé.

Almaouja.com - Que va-t-il advenir de l'hôpital Bougafer ?

MB - Une fois que le nouvel hôpital des spécialités sera ouvert, le site sera réaménagé de manière à servir à autre chose. Nous envisageons cependant d'y installer un centre de ré-éducation mais le reste pourra peut être servir de parking ou de centre commercial.

Almaouja.com - Qu'en est il des activités itinérantes de santé ?

MB - Chaque année nous organisons de nombreuses caravanes médicales, près d'une vingtaine, essentiellement à destination des populations rurales. Nous accueillons aussi d'autres caravanes organisées par des associations ou des institutions externes à la province, entre 5 et 6 chaque année, comme nous l'avons fait avec la dernière caravane médicale organisée par MASEN ou celle organisée au bénéfice des mineurs.

Le chantier de l'hôpital Sidi Hssain Benaceur de Ouarzazate

Almaouja.com - Qu'en est il des autres problèmes que rencontre la délégation santé ?

MB - Je veux citer le problème de la corruption qui occupait jadis l'actualité mais qui aujourd'hui, à ma connaissance, n'existe plus. Il faut savoir que nous avons mis en oeuvre d'importants moyens pour remédier à ce problème. Un numéro vert a été mis en place. Il y a des affiches à l'entrée des établissements, des boîtes de recueil de plaintes. Une commission de contrôle, dite "comité des sages", a aussi été mise en place. Pour ma part, je n'ai jamais eu aucune réclamation si ce n'est une seule plainte qui nous est parvenue via le numéro vert. Il faut rappeler c'est la population en premier qui doit lutter contre ce fléau. C'est la population qui doit désormais se plaindre et refuser toute tentative de corruption. Mais nous pouvons dire que la corruption est maintenant finie.

Almaouja.com - Quels sont les autres développements prévus en 2013 ?

MB - Je veux citer la création de 2 nouveaux SAMU, le service d'aide médicale d'urgence, l'un à Skoura et l'autre à Taznacht. Pour terminer, je veux parler de la mise en place du nouveau Régime d'Assistance Médicale (RAMED) qui va concerner au Maroc près 8 million et demi de personnes en condition de pauvreté. Pour Ouarzazate, 80 000 personnes vont être couvertes pour un accès gratuit aux soins de santé, quel que soit le soin y compris le transport et les médicaments. Chaque personne doit déposer un dossier et s'il est accepté par une commission locale, il recevra une carte magnétique qui servira pour lui comme pour ses ayant droits pendant 3 années. A ce jour, 2400 personnes ont déjà reçu leurs cartes et tous les jours de nouvelles sont délivrées. Au niveau de l'hôpital, il y aura un guichet RAMED avec une assistante sociale, la liste des médicaments proposés et un panel de soins disponibles.

Almaouja.com - L'année 2013 se présente donc avec de belles perspectives de changement ?

MB - Je pense en effet que l'année 2013 sera une très bonne année en regard des projets engagés et des budgets mobilisés.

 

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