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éclairages

La centrale solaire de Ouarzazate : les explications de M. Bakkoury

  • Écrit par la rédaction
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M. Bakkoury à la conférence de Ouarzazate par A. Azizi pour almaouja.com

Lors de la conférence organisée à Ouarzazate les 14 et 15 septembre 2012 sur les défis énergétiques dans l’espace euro-méditerranéen, Mr Mustapha Bakkoury, président du directoire du MASEN, et en réponse aux questions du public, a apporté un éclairage pédagogique sur certains points liés au projet de centrale solaire. Almaouja.com présente ici le verbatim de son intervention.

Impacts socioéconomiques et environnementaux sur la région

Au niveau de l’environnement, le risque de générer un impact négatif sur la faune et la flore exige des précautions pendant la phase de réalisation d’un tel projet de grande taille. Certaines technologies utilisées peuvent avoir un impact négatif sur la ressource hydrique. De même que le transport de certaines pièces indispensables au déroulement du projet sur de longues distances peut altérer l’infrastructure. Tous ces aspects seront pris en considération pour minimiser cet impact en respectant les normes prévues en la matière sachant que le Maroc dispose d’une législation conforme aux standards internationaux dans ce domaine.

Le MASEN souhaite faire de ce projet un modèle d’exemplarité à propos du respect des dispositions environnementales et sociales. Concernant l’emploi, la priorité est d’employer au moins 70% de la main d’œuvre locale non qualifiée dans ce projet. Cet objectif demande donc l’amélioration de l’employabilité de cette catégorie de population à travers des formations afin de leur permettre d’accroitre leurs capacités d’insertion dans ce projet. Ou du moins leur permettre de s’intégrer dans d’autres secteurs économiques. A part le meilleur coût de réalisation du projet, le succès du MASEN dépend de l’atteinte de ces objectifs connexes en synergie avec les autres acteurs de développement notamment les élus, les autorités publiques et surtout les ONG.
 

L’impact du projet sur la commune de Ghessat

En partant du constat que la commune de Ghessat est l’une des plus pauvres de la région, le projet solaire est une opportunité, voir un prétexte, pour initier des stratégies de développement dans cette commune et ainsi réduire les inégalités entre les territoires via les retombées positives de ce projet. Dans ce cadre, des séries de réunions ont eu lieu avec les ministères concernées par les actions de développement dans ce territoire. Il s’agit précisément du ministère de l’intérieur, le ministère de l’éducation nationale, les eaux et forêts, le ministère du tourisme, le ministère de l’agriculture, l’office de l’électricité, l’office de l’eau potable et le ministère de l’équipement. Ces concertations ont un double objectif. D’une part présenter le projet à ces acteurs et ce qu’il apporte comme donnée nouvelle à prendre en compte dans les perspectives de développement de la région. D’autre part leur demander de présenter ce que chacun a à faire et d’essayer de coordonner les actions prévues en matière de calendrier. Avec la nécessité d’œuvrer ensemble pour accroitre les programmes afin d’atteindre les objectifs tracés le plus rapidement possible surtout en matière d’accès aux services de base, comme l'eau potable et l'électricité. Il s'agit donc de mener une démarche nouvelle dans ce genre de grand projet afin de maximiser les effets induits.

M. Bakkoury du MASEN dans la commune de Ghessat près de Ouarzazate

Livraison de 141 bicyclettes dans le commune de Ghessat : le MASEN en collaboration avec la division des affaires rurales de la province de Ouarzazate et la délégation du Ministère de l’Education Nationale de Ouarzazate
 

La problématique de Tichka

Le MASEN est conscient de la problématique de désenclavement de la région en général. C’est une préoccupation qu’il partage d’ailleurs avec la population et les acteurs locaux. Dans ce cadre, le MASEN joue son rôle et plaide auprès du ministère de l’équipement et du transport. Il est temps de passer à l’action sans ressasser le même discours adopté depuis des années. La première étape est de réaliser des études. C’est un moyen d’ouvrir des perspectives et d’éclairer les décisions politiques. De plus, cela permet surtout d’être crédible vis à vis des partenaires potentiels. Le MASEN est prêt à contribuer à cette dynamique. L’objectif est de faire de Ouarzazate non seulement une ville qui abrite des projets mais aussi une référence à travers des actions multisectorielles et transversales. Il est à rappeler que Ouarzazate s’était donnée l’ambition de devenir une ville carbone zéro. C’est un objectif réalisable et capable de donner un sens à tous les projets dans la région.

L’intégration industrielle du projet solaire au Maroc

L’intégration industrielle requiert une importance considérable. C’est une ambition légitime et possible puisque le Maroc dispose d’un tissu industriel compétitif et adaptatif. Sauf qu’il faut agir progressivement. Un seuil a été fixé aux développeurs sur des bases compétitives. Autrement dit, le projet va être lancé sans bénéficier de subventions à tous les étages au risque d’affaiblir sa compétitivité et donc de renchérir le coût du kilowatt / heure. Il faut créer les conditions qui permettent à ce genre de projet de fonctionner de lui-même. La compétitivité ne peut être atteinte que par cette progressivité et la création d’éléments de visibilité aux industriels. Quant à la taille, l’ambition et le calendrier, le MASEN a une feuille de route claire. Par contre, concernant les technologies, nous savons qu'il y a aura des évolutions technologiques qui exigent de s'adapter afin, à chaque étape du projet, d'être certain de faire le meilleur choix technologique du moment. Il y aura donc des évolutions dans ce domaine d’où la nécessité de laisser ce champ là ouvert. En 2020, nous pourrons sans doute observer dans notre projet une mozaïque de technologies utilisées différentes. 
 

M. Bakkoury à la conférence de Ouarzazate par A. Azizi pour almaouja.comLe partenaire idéal pour le MASEN

Le MASEN a procédé à une préqualification qui a permis de définir le type de projet et la famille de technologies. Il a également exigé des consortiums qui répondent à deux critères de base : une capacité d’appréhender des projets solaires avec des références prouvées et une capacité de structurer des projets de cette taille ou d’une taille similaire y compris dans les autres secteurs que l’énergie solaire. Dans ce cadre, dix neuf consortiums ont répondu à l’appel à pré-qualification. Quatre consortiums répondant aux critères requis ont été pré-qualifiés : Abeinsa Ingeneria, Abengoa, Mitsui et Taqa; ENEL et ACS servicios Communicaciones y Energia ; ACWA Power international, Aries et TSK ; Orascom, Solar Millenium et Evonik steag. (NDLR : le groupe saoudien International Company for Water and Power (ACWA) organisé en consortium avec l’Espagnol Aries IS and TSK EE vient de remporter l'appel d'offres pour la réalisation et l’exploitation de la première phase du projet solaire de Ouarzazate)
 

L’échéance de démarrage du projet

Le démarrage des travaux de la centrale solaire est prévu avant le début de l’année 2013. Les travaux des infrastructures ont été initiés. Le réseau électrique, les postes d’évacuation, les lignes sont déjà commencées. Idem pour les routes qui permettent la connexion du site du projet au réseau routier national. Le processus des autres phases du projet démarrera aussi avant la fin de cette année 2012. L'engagement est de fournir à l'ONE le 1er KiloWatt à la fin de l'année 2014. L'ensemble du projet aura donc demandé près de 50 mois de travail.
 

La législation

Les législations relatives au projet sont publiques. L’objectif et de permettre à ceux qui s’y intéressent d’accéder au cadre réglementaires et législatif, lequel est très épars et mériterait une analyse pour arriver à une convergence. Concernant la législation environnement et la dimension environnement et développement durable en générale, elles revêtent une importance capitale. Car à défaut, il y a peu de chance de financer un projet quelconque. Pour le projet solaire de Ouarzazate, l’acceptabilité environnementale a été obtenue.
 

La formation

La filière des énergies renouvelables a été créée à la faculté poly-disciplinaire de Ouarzazate. Le projet de centrale solaire prévoit de créer à Ouarzazate un institut pour le renforcement de la formation dans ce domaine. La coordination est en cours également avec le ministère de l’éducation nationale pour intégrer la thématique des énergies renouvelables dans les programmes scolaires. Mais le MASEN a pour ambition de ne pas réduire l’intégration des jeunes étudiants de Ouarzazate aux seules énergies renouvelables. Il faut qu’ils bénéficient d’autres formations susceptibles de leur ouvrir de nouveaux horizons plus larges. Il y a une convergence entre les énergies renouvelables et l’énergie en générale. De plus l’horizon de l’intégration dans le marché de l’emploi est constaté voir certain. Il faut garder cette capacité d’adaptation aux besoins relatifs à tous ces secteurs réunis. Certes il y a des politiques sectorielles mais une fois le régime de croisière atteint, il serait impossible d’assurer tous les emplois demandées avec le rythme de formation adopté aujourd’hui. 

En savoir plus

Le site officiel du MASEN

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